Démographie médicale

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

-30% de dermatologues en France en 2030 : face à la 

crise sanitaire qui s’annonce, la mobilisation des

dermatologues s’intensifie avec une pétition pour

alerter le gouvernement les parlementaires et les citoyens

Paris, le 17 décembre 2025

En France, la pénurie de dermatologues s’aggrave. Alors qu’il manque déjà des spécialistes dans nos territoires, les projections indiquent une chute de 30 % d’ici 2030.

-350 dermatologues du collectif #Plusdedermatos ont lancé une pétition nationale pour demander une augmentation des capacités de formation : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-4828

-Lancée via la plateforme petitions.assemblee-nationale.fr, cette pétition a été reconnue par l’Assemblée nationale et bénéficie du soutien de premiers parlementaires.

Trois constats alarmants à l’origine de la mobilisation

1. Délais insoutenables pour des consultations : les patients attendent des mois pour une consultation de dermatologie. Avec seulement 2 880 dermatologues sur le territoire, une explosion des cancers cutanés ces 20 dernières années et l’accès à des traitements innovants pour les maladies chroniques inflammatoires, les rendez-vous des dermatologues sont pleins. Pas besoin d’en chercher sur les plateformes, ils n’existent pas.

2. Désertification médicale : des départements entiers se retrouvent sans accès à un dermatologue. A l’échelle du pays, les dermatologues ne sont plus assez nombreux pour suivre les patients chroniques et absorber les 20 millions de demandes de consultation annuelles. Les zones rurales et périurbaines sont les premières victimes, mais les grandes villes constatent le même phénomène.

3. Urgence de santé publique : les délais entraînent des diagnostics tardifs et des aggravations de pathologies chroniques, alors que L’OMS a fait des maladies de peau une priorité mondiale de santé publique via la résolution WHA78.15 adoptée le 24 mai 2025 lors de la 78e Assemblée mondiale de la Santé, intitulée « Skin diseases as a global public health priority ». Chaque mois, c’est des patients en souffrance qui ne trouvent pas de suivi. Alors que les pouvoirs publics mettent en avant la prévention comme arme du système de soin, celle-ci est mise à mal par le manque de professionnels.

Pour le Dr Raphaël Besnier, dermatologue à Toulouse et membre du collectif, « La dermatologie est sous le seuil de pauvreté sanitaire. L’accès aux soins n’est plus garanti. » 

Des propositions concrètes de la part des signataires pour apporter des solutions

La pétition appelle à :

1. Augmenter les capacités de formation par une action politique volontaire : passer de 100 à 150 internes formés par an. C’est l’une des rares solutions durables et efficaces à l’entière main du gouvernement.

2. Renforcer l’attractivité du métier : améliorer les conditions d’exercice, en milieu rural, urbain, et à l’hôpital.

3. Soutenir les zones déficitaires : via le soutien aux dispositifs régionaux des équipes de soins spécialisés.

4. Valoriser la dermatologie : en ville et à l’hôpital en agissant sur la reconnaissance de la spécialité, son rôle fondamental dans la santé publique, à travers un plan de santé exigé lors des Etats Généraux de la Dermatologie de 2025 par l’ensemble des instances.

L’action de sensibilisation vise aussi à battre en brèche des idées reçues sur la dermatologie, notamment concernant l’IA et le poids de l’esthétique

Contrairement aux idées reçues, la dermatologie est avant tout une spécialité médicale essentielle à la santé publique. Les actes esthétiques représentent moins de 10 % de l’activité des dermatologues, tandis que 90 % relèvent de soins médicaux généraux ou spécialisés : dépistage et prise en charge des 200 000 cancers de la peau diagnostiqués chaque année, maladies inflammatoires chroniques sévères, pathologies auto-immunes ou infectieuses.

De la même manière, la pénurie actuelle de dermatologues n’est pas liée à une supposée fuite vers la médecine esthétique. Cette activité reste marginale et est majoritairement exercée en France par des non-dermatologues. Le véritable problème est structurel : nous ne formons pas suffisamment de spécialistes. Pire encore, les effectifs admis en formation de dermatologie en 2025 sont inférieurs à ceux de 2024.

Enfin, l’action de sensibilisation alerte sur un autre enjeu majeur : la prolifération incontrôlée des dispositifs d’intelligence artificielle de diagnostic dermatologique.

Présentés comme une solution miracle, ces outils sont aujourd’hui proposés au grand public — en pharmacies, centres commerciaux, applications mobiles ou cabinets sans dermatologues — sans supervision médicale, sans validation scientifique et sans encadrement réglementaire.

À ce jour, aucun outil d’IA diagnostique n’a été validé par les sociétés savantes, notamment la Société Française de Dermatologie, pour une utilisation autonome hors d’un circuit médical régulé. Ces dispositifs exposent les patients à une fausse sécurité, générant faux diagnostics, surdiagnostics ou, au contraire, retardant la détection de pathologies graves, tout en creusant inutilement le déficit de la Sécurité sociale.La dermatologie n’est ni superficielle ni accessoire. Elle est au cœur des enjeux actuels de santé publique, et nécessite des décisions fortes : former davantage de spécialistes, mieux informer le public et encadrer strictement l’usage des technologies émergentes.

Une mobilisation qui bénéficie de ses premiers soutiens, à renforcer

La mobilisation engagée en faveur de l’accès aux soins dermatologiques commence à recevoir des soutiens institutionnels significatifs. L’Assemblée nationale a ainsi accordé une reconnaissance officielle à la pétition et plusieurs parlementaires se sont d’ores et déjà engagés à relayer cette mobilisation : les députés Emmanuel Bompard. Marianne Maximi, Alexandra Martinet Christine Pirès Beaune et les sénateurs Alexandra Borchio Fontimp et François Bonhomme.

Sur le terrain, la dynamique est également portée par les équipes de soins spécialisés en dermatologie, l’UNESS-DV, ainsi que par de nombreux professionnels de santé régionaux, qui se mobilisent collectivement via les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS). Les organisations professionnelles de référence ont également apporté leur appui. La Fédération Française de Formation Médicale Continue et d’Évaluation en Dermatologie-Vénéréologie (FFFCEDV) le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV), et l’association des jeunes dermatologues (FDVF) soutiennent pleinement la démarche.

Les représentants des usagers à savoir nos patients nous soutiennent Fédération Française de la Peau regroupant les 26 associations de patients atteints de maladie de peau.

Une campagne sur les réseaux sociaux a également été lancée pour inciter à la mobilisation, via des visuels relayés par des influenceurs (visuels en annexe).

Ces premiers soutiens doivent désormais être amplifiés pour permettre une réponse à la hauteur des enjeux. Le collectif appelle à l’action selon les modalités suivantes :

Citoyens : signez la pétition pour faire entendre votre voix 

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-4828

Professionnels de santé : rejoignez le mouvement et participez à une mobilisation collective en faveur d’une formation renforcée en dermatologie.

Élus locaux : interpellez vos parlementaires et le gouvernement. Cette pénurieconstitue une urgence sanitaire nationale qui appelle une action gouvernementale rapide et structurante

Contact :

Pierre Hamann, dermatologue Co-fondateur de la pétition : Urgence Pénurie de Dermatologues #PLUSDEDERMATOS 06.61.66.61.98 ; dr.hamann.pierre@gmail.com

Marion Vincent, dermatologue Co-fondatrice de la pétition : Urgence Pénurie de Dermatologues #PLUSDEDERMATOS 06.84.93.29.20 ; marion.vincent.pro@gmail.com